Description
Les Le groupe slave (ethnonyme slav-, de *k̑lew- « entendre », d'où « ceux qui parlent (la même langue) » ou « les renommés ») s’est développé initialement vers le Ve siècle avant J.-C. entre Karpates et Pripiac. La grande plaine nord-européenne a vu se succéder Germains, Baltes, Slaves occidentaux et orientaux dans des frontières mouvantes. Les peuples slaves de l'Est ont contenu les pressions des Huns (IVe s.), des Avars, Obres et Ouïgours (Ve et VIe s.), des Petchénègues aux IXe et Xe, des Coumanes ou Polovtsiens, des Tatars au XIIIe et des Turcs ottomans. Avec leurs voisins ouraliens, ils sont aujourd’hui le principal groupe du peuplement sibérien.
Linguistiquement on distingue les Slaves de l’Ouest, de l’Est et du Sud qui participent à différentes aires de culture.
Les Slaves de l’Est furent d’abord les Russiens, fondateurs de la première Rus', celle de Kiev, nom latinisé en Rutenia, proche du lieu de l’ethnogenèse slave, qui célébrait encore son panthéon païen en l’an 800 sous le grand-prince Vladimir Beau-Soleil.
Ruinée par l’ invasion mongole du XIIIe siècle, la Ruthénie s’est retrouvée en partie dans la «Russie lituanique» qui, du Niémen à la Mer Noire, reconstitua l’antique voie « des Varègues aux Grecs ».
De là les désignations locales de Rus' Blanche (Vicebsk-Smalensk), Noire (Polésie), Rouge (Galicie) et Verte (Bucovine) issue du premier ethnonyme.
La Russie moscovite, issue de la principauté de Moscou, forma la branche orientale des Slaves de l’Est.
Les complexe ethno-culturel des Balkans, où se retrouvent Slaves, Albanais, Romans ou Hellènes, est l’un des noyaux de la vieille Europe. Les « Slaves du Sud » issus de migrations commencées au début du VIe siècle après J.-C. sont une des composantes de cet ensemble balkanique que leurs « sklavénies » contribuèrent à repeupler.
Des conceptions antiques aux images: dans les pays de langue slave, des piliers rituels monumentaux donnaient une image du monde et de la société. Leurs quatre faces portaient les représentations des anciennes divinités protectrices, d'origine indo-européenne (entre autres les monuments de Zbruch et Preslav). Ce quaternaire fournit le schéma fondamental des conceptions slaves (G. Dumézil, La courtisane et les seigneurs colorés, Paris, 1983, pp. 199-208).
Cette représentation s'accorde parfaitement avec les motifs des arts populaires slaves (tissage, gravure, etc.), explorés notamment par B. A. Rybakov, Jazyčestvo Drevnej Rusi, 1987 et Jazyčestvo Drevnikh Slavjan, 1981).
Ces données traditionnelles cohérentes et pérennes procurent le symbole quadripartite ici reproduit. On l'interprète comme le champ ensemencé et clos, le domaine. C'est l'image du territoire ancestral, organisé, protégé par la Terre Mèreque l'on invoque contre les forces mauvaises venues des quatre directions de l'espace.
Les caractère glagolitique S pour slovo (un triangle surmonté d'un cercle) peut représenter l'ethnonyme par acronymie).
Nous utilisons donc ici le quadruple carré et quatre glagols S.
► Pour la symbolique graphique des peuples slaves, l’emploi de caractères glagolitiques est possible en cas de besoin.
Le glagolitique (glagolitsa, bulgare hlagolica, tchèque hlaholice, slovaque hlaholika, polonais glagolica, serbo-croate glagoljica, ukrainien hlaholycia, biélarussien hlaholica) est le plus ancien alphabet slave (IXe siècle), issu d’un signaire de vingt-quatre signes qui fut complété pour servir d’écriture.
(Voir P. Cubberley, « The Slavic Alphabets » dans Daniels, Peter et Bright (éds), The World’s Writing Systems, New-York et Oxford, 1996.)
D’antiques acronymes (chantés) s’attachent aux lettres du glagolitique (Az-buki…).
