Présentation
Le territoire des diverses subethnies (Zemgales, Latgales, Séliens, Coures) qui sont l’origine des Lettons (ethnonyme Lat-) modernes a connu dès le XIIe siècle les incursions occidentales. Conquis au XIIIe siècle, les Lettons furent progressivement évangélisés (jusqu’à la fin du XVIIe dans les faits) et subirent les contrecoups de la politique des « puissances du Nord » et de la Russie. D'abord étrangers à la noblesse possédante, les Lettons ont su concilier leur riche patrimoine folklorique avec les apports de la culture européenne (architecture, linguistique, mythologie comparée). Les huits volumes édités par K. Barons (1922) comptaient 35 789 chansons mythologiques ou daiņas, et en 1929 les collections folkloriques de Lettonie comptaient 467 000 variantes. C’est le principal monument de l’identité nationale vivante.
La seconde guerre mondiale et ses suites ont durement éprouvé la Lettonie, politiquement et démographiquement. La résurrection de la Lettonie est la victoire d’une conscience populaire forte appuyée, comme au XIXe siècle, sur son patrimoine traditionnel : fêtes de solstice (Līgo), festivals de la chanson chorale, ont servi d’armes contre l’arasement politique et spirituel.
Le drapeau letton remonte au XIIIe siècle. On lui attribue une origine légendaire : au cours d’une bataille, une tunique blanche se trouva teinte de sang ou de jus de mûre (ce qui est la couleur authentique), sauf à la ceinture. Drapeau d’État en 1921, il est redevenu officiel en Lettonie même en 1989.
Un symbole de renaissance nationale est l’image d’Auseklis, l’étoile du matin, figurée par une croix de Saint-André alésée à huit pointes (chaque double pointe se retrouvant sur les rayons solaires des armoiries d’État). Il s’agit à l’origine d’un signe cosmologique : le quadrilatère central, délimité ou non, représente la terre et le domaine des ancêtres. De là partent quatre bras qui prolongent les côtés, comme « une projection de l’Arbre du Monde dans le plan horizontal ». Les angles du quadrilatère central pointent les quatre directions majeures (+) tandis que les branches en sautoir correspondent « aux azimuts extrêmes du lever et du coucher du soleil aux jours de solstice dans l’aire baltique ». « Dans les modèles textiles, un tel cosmogramme est fortement géométrisé » (V. Staižis et L. Klimka, « The Cosmology of the Ancient Balts » dans Archaeoastronomy, 22, JHA xviii, 1997, p. 69).
Location
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Taurupes pagasts, Ogres novads, LV-5064, Latvia

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