Présentation
Les germanophones de l’Ouest, autrefois membres de l’Empire, ont eu du mal à conserver leur identité. Alsace, Lorraine mosellane et Luxembourg ont fait face inégalement aux arrogantes prétentions francophones.
Les Elsässern, Alesaciones, Alesacius (642-658, chez Frédégaire, 7-8), tirent leur nom du vieux-haut-allemand Eli-sâzzo, du germanique *ali-sātia« l’autre établissement » (F. Bader dans Langues indo-européennes, CNRS, Paris, 1994, p. 74). Ils sont issus de la confédération des Alamans (Alamanni chez Dion Cassius LXVII, d’où l’appellation « Suisse alémanique »). Les parlers d’Alsace (Elsass) ou Elsässerdeutsch/-ditsch, font pour l’essentiel partie du groupe bas-alémanique du haut-allemand ouHochdeutschet sont identiques à ceux de la rive droite du Rhin, comme eux étagés du nord au sud. Comme dans tous les pays de langue allemande, le « dialecte » et la koiné s'étayent mutuellement. L’éviction du Standarddeutsch par le français comme langue de l’enseignement et de l’administration affaiblit l’identité alsacienne. L’absurde frontière administrative sur le Rhin (conséquence de la conquête militaire du XVIIe siècle) ne peut faire oublier les solidarités historiques et spirituelles de l’Europe rhénane.
Le drapeau des Alsaciens est rouge et blanc.
Le 25 juin 1912 le Reichsland Elsaß-Lothringen se dotait d’un drapeau représentatif du territoire et de son statut particulier en plaçant une croix de Lorraine d’or au canton du drapeau de l’Alsace.
Les armoiries de la Basse-Alsace se composent d’une bande d’argent accompagnée de deux cotices fleuronnées d’argent. Le landgraviat de Haute-Alsace a une barre d’or accompagnée de couronnes d’or, elles aussi fleuronnées. On en a fait un blason unique, soit par juxtaposition (parti), soit par fusion : une barre d’argent accompagnée des deux cotices fleuronnées et six couronnes d’or fleuronnées. Cette dernière version, adoptée par l'ancienne région administrative en 1990, reprend les armoiries du XVIIe siècle. L’élément commun est le fleuron.
L’Alsace utilisait des signes dits Hofzeichen, sculptés sur les linteaux et portails ou dessinés sur le fer forgé des enseignes pour annoncer l’activité des habitants. Ils pouvaient s’accompagner d’inscriptions. Cela rappelle la part majeure prise par l’Alsace dans la mise au point de l’imprimerie : c’est à Strasbourg, où il séjourne de 1434 jusqu’à 1444 au moins, que Johannes Gutenberg conçoit son invention et met au point ses alliages. La première Bible en allemand y est imprimée en 1466 par J. Mentelin, originaire de Schlettstadt (Sélestat), suivie par les Comedies of Terence, par J. Grüninger en 1496. L’imprimerie alsacienne favorisera aussi les ouvrages des humanistes alsaciens du début du XVIe siècle (Geiler von Kaysersberg, J. Wimpfeling), des géographes (Sébastien Munster), des historiens (Chronicon Alsatiae de Reinhardt Hertzog en 1592).
Ici, nous avons placé en bordure un motif qui rappelle les fleurons héraldiques, et comme eux trilobé. L'emblème central est un cœur, signe protecteur des maisons et des lignées, motif le plus utilisé dans le décor alsacien.
Location
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Rodern, Colmar-Ribeauvillé, Haut-Rhin, Grand Est, Metropolitan France, 68590, France

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