ALLEMANDS CENTRAUX (MITTELDEUTSCHEN)
Présentation

Les Allemands sont les T/Deutschen (Teutoni chez César, gotique thiuda, vieux haut-allemand deot « peuple », d’où diutisc « allemand », mais anglais Dutch « néerlandais » ; le français Allemands reprend le nom de la fédération des Alamans « Tous-les-Hommes » ou « peuple rassemblé », gotique in allaim alamannam). Le nom des Allemands est initialement un adjectif du sens de « qui fait partie du peuple », le sens moderne apparaît au temps de Charlemagne.

Les quelque cent millions d’Européens qui partagent en Europe la langue allemande – « langue des pensées nouvelles et des sentiments profonds » (Mme de Staël) – ne relèvent pas d’un même État, aussi l’acception du terme « allemand » est-elle plus ou moins large selon les situations envisagées. Quelques-unes des communautés allemandes de l’Europe centrale et orientale ont subsisté après les éradications des années 1918-1920, 1945 et suivantes : quarante mille Allemands au nord de la Bohême et de la Moravie ; plus de deux cent mille en Hongrie ; quelques trente mille « Saxons de Transylvanie » (Siebenbürgen) et « Souabes du Banat » en Roumanie, vestige des colons du Danube venus jadis du Wurtemberg, du Pays de Bade et de Lorraine (Rumäniendeutsche) ; petits groupes en Slovénie. Il reste dans l’État polonais quelques dizaines de milliers d’Allemands déclarés, dispersés dans tout l’ancien empire d’avant 1918 (en Poméranie, Silésie, Marche de Brandebourg, Prusse Orientale et au-delà), et environ cent cinquante mille en Haute-Silésie (d’Opole / Oppeln à Kattowitz et Ratibor). Les Allemands en Russie, qui descendent notamment des colons du XVIIIe siècle, sont environ cinq cent mille.

Les germanophones de Belgique se divisent en deux régions : des territoires inclus dans la Belgique à sa création (Montzen, Welkenraedt, Arlon / Arel), où coexistent deux, voire trois langues, et des territoires annexés en 1919 (Eupen, Kelmis / La Calamine, Saint-Vith, Malmédy). Le Nord-Est pratique le platdiets, le centre le francique-ripuaire, le sud le francique-mosellan. Le sentiment allemand domine dans les communes annexées au XXe siècle. Le Grand-Duché de Luxembourg influence la province du même nom en Belgique.

Le drapeau de la République fédérale allemande est en dernière analyse issu de la bannière impériale. Il reprend les couleurs héraldiques du Saint Empire romain – celles de l’aigle de sable au bec et aux serres rouge sur champ d’or –, que de nombreux drapeaux tricolores présentaient dans des combinaisons diverses. C’est le corps-franc Lützow qui assura la fortune du tricolore allemand en 1813, lors de la guerre de libération nationale, et les étudiants qui lui donnèrent ensuite son aspect courant, officialisé le 9 mars 1848 par l’assemblée fédérative réunie à Francfort. En 1867 le chancelier Bismarck obtenait l’officialisation du tricolore noir, blanc et rouge, couleurs du nouvel Empire de 1871. À partir de 1918 le drapeau noir-rouge-or redevint officiel pour l’État. L’Allemagne moderne, qui suit sur ce point les anciennes R.F.A. et R.D.A., est revenue aux couleurs noir, rouge et or.

Compte tenu de son origine, le drapeau noir, rouge et or pourrait servir d’emblème effectif à tous les pays de langue allemande, héritiers du Saint Empire, mais la réduction à l’usage étatique ne va pas dans ce sens. Dans la pratique, ce drapeau est utilisé par les Allemands de l’État éponyme et les minorités allemandes de l’Est européen.

La coutume des Hausmarken ou Hauszeichen, les marques de propriété ou de maisons, le plus souvent gravées sur bois, offre un modèle pour construire un emblème à partir des lettres de DIUTISC, première forme de l'ethnonyme allemand.

Un symbole consensuel est le plant de chêne (Quercus robur). Bien que connu en d’autres contrées, l’ Eichenbaum, qui bénéficiait depuis toujours d’une image populaire favorable, devint typique de l’héraldique allemande au XVIIIe siècle. Le rameau, Eichenzweig, figurait sur les drapeaux de ceux qui souhaitaient défendre les libertés allemandes en faisant l’unité des divers États allemands. On vit donc un peu partout le deutsche Baum, le weise Vaterbaum ou « sage arbre-père », qui était aussi un Gerichtsbaum u « arbre de justice » garant de solidarité et de solidité. Le poète Klopstock (1724-1803) le célébra. En 1816 les femmes d’Iéna offrirent à l’association des étudiants (Burschenschaft) un drapeau à trois bandes cramoisi et noir brodé d’un rameau de chêne d’or. Le rameau de chêne devint même un signe monétaire.

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